C’est aujourd’hui que j’achève ma (petite) série d’articles consacré aux startups françaises travaillant dans les domaines de l’intelligence artificielle et du GEOINT. Ces articles m’auront permis de découvrir des startups françaises aussi ambitieuses que prometteuses, illustrant les savoir-faire français en la matière. Je tiens à remercier tout ceux qui ont répondu favorablement à mon appel, en leur souhaitant le meilleur pour la suite de leur aventure.

Cette semaine, je vous propose de découvrir WATIZ, une jeune startup innovante située à Evreux qui propose des solutions pour dynamiser les contenus images et vidéos, et qui s’intéresse grandement à l’optimisation de l’exploitation de l’imagerie spatiale.

Bonne lecture à tous!

WATIZ

Créée par trois jeunes entrepreneurs issus de l’industrie et de la recherche (ils sont tous les trois ingénieurs-docteurs de formation avec plusieurs années d’expériences professionnelles chez Allianz, Thales, l’Oréal, l’ONERA, ou bien le CEA), la startup WATIZ s’est lancée le défi de de révolutionner l’analyse d’image par l’Intelligence Artificielle.

Spécialisée dans le traitement de l’image et plus particulièrement dans l’analyse vidéo, la jeune pousse ambitionne de créer un véritable « Shazam » des objets, c’est à dire une application capable de reconnaître, identifier et caractériser automatiquement des objets ou des personnes dans des images ou dans un flux vidéo. Aujourd’hui la startup a déjà développé une première solution permettant d’obtenir des informations supplémentaires sur les objets aperçus dans des flux vidéos en les rendant interactifs. Si cet outil cible en premier lieu les annonceurs et agences médias, la technologie développée par la startup l’a rapidement conduite à côtoyer les mondes de l’industrie et de la Défense, friands de solutions innovantes.

Un premier pas vers le monde de la Défense

Candidate au challenge de l’Intelligence Campus et de la DGA pour la détection de contenu d’images,  la startup a adapté ses algorithmes initialement dévolus au traitement de vidéos pour relever le défi de reconnaître automatiquement des véhicules dans des images satellites. Si la startup avait déjà envisagé d’utiliser sa technologie pour l’exploitation des images satellites, sa participation au défi de l’Intelligence Campus a été l’opportunité de rentrer concrètement dans le sujet comme de découvrir les problématiques et besoins du milieu de la Défense. Un intérêt d’autant plus grand que la Défense possède de vrais enjeux technologiques et offre de nouvelles perspectives pour l’équipe de Watiz.

Un incubateur proche des opérationnels

Pourtant, la jeune pousse n’est pas si éloignée de cet univers. Installée au sein de la pépinière Smart’up portée par la CCI Portes de Normandie, le grand Evreux Agglomération et la Base Aérienne 105, la startup bénéficie d’un environnement stimulant entourée d’autres startups (dont notamment la startup CxLinks du président d’OpenStreetMap France, Gaël Musquet). Localisée en plein cœur de la base, Watiz bénéficie d’un contact privilégié avec les militaires de l’armée de l’air. Ils peuvent ainsi échanger avec des opérationnels sur leurs problématiques respectives et bénéficier de retours d’expériences apportant ainsi une meilleure compréhension de leurs besoins.

Si l’Armée se montre très intéressée par les startups, c’est sans doute grâce au potentiel d’innovation qu’elles représentent. L’intelligence artificielle développée par Watiz pour pour analyser automatiquement les contenus image et vidéo en est un bon exemple. L’essor des drones et de la surveillance persistante de ces dernières années dans les armées génère de grandes quantités d’informations vidéo souvent complexes à analyser par les photos-interprètes. Le savoir-faire de la startup en la matière pourrait apporter une réponse efficace pour traiter automatiquement ces flux en temps réel, à condition de disposer d’une capacité de calcul suffisante en amont.

L’Intelligence Artificielle pour reconnaître des objets automatiquement

Le choix de faire appel aux techniques de « Deep Learning » par l’équipe de Watiz ne s’est pas fait attendre, il s’agit d’un domaine actuellement en plein essor, offrant des performances sans équivalent. Un algorithme bien conçu peut acquérir en quelques mois le même niveau de confiance pour la détection d’objets qu’un analyste ayant plusieurs années d’expérience.

La technologie développée par la jeune pousse a nécessité deux ans de travail et fonctionne comme un véritable moteur de recherche d’images capable de reconnaître des objets ou personnes dans des images ou vidéos. Pour accroître l’efficacité de sa solution, les algorithmes d’apprentissage profond ont été « entraînés » avec des bases de données publiques ou privées fournies par des clients ou partenaires. La startup à déjà mis ses algorithmes d’analyse vidéo à profit pour développer un système de reconnaissance automatique d’équipements de protection pour accéder à des zones à risques.

Le développement de cette technologie au profit de l’industrie offre des perspectives très intéressantes, mais l’ambition de la startup ne s’arrête pas là. Développer un moteur de recherche d’images satellites basé sur la reconnaissance d’infrastructures sur le même modèle que celui développé par Descartes Labs ? Selon Julien Capra CEO de Watiz, c’est envisageable, si le besoin ne s’est pas fait entendre jusqu’alors, la technologie développée par la startup le permettrait sans aucun doute.

De nouvelles perspectives grâce à l’observation spatiale

L’expérience accumulée par la startup et ses rencontres avec des acteurs du secteur de la Défense lui ont permis de s’investir davantage dans les problématiques liées à l’exploitation de l’imagerie d’origine spatiale. Grâce à leur participation au challenge DGA, Watiz a pu se rapprocher de structures comme l’association Normandie AeroEspace (NAE), un réseau normand des acteurs du domaine aéronautique, spatial, défense et sécurité.

Watiz souhaite désormais proposer sa technologie d’exploitation d’imagerie satellitaire dans des applications civiles permettant notamment de suivre l’urbanisation de territoires ou d’aider des industries à suivre à distance l’évolution de sites excentrés ou isolés.  Un des axes de développement envisagés est l’utilisation de cette analyse satellitaire dans le domaine de la mobilité afin de modéliser le trafic routier aux abords des agglomérations afin de fluidifier la circulation et limiter la pollution.

Jean-Philippe Morisseau

 

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